


C’est l'histoire d'une femme atypique qui vivait singulièrement au travers des chiffres, rapports, classeurs, de la régularité des démarches administratives et du confort du monde rationnel des statistiques. C'est aussi l'histoire de cette même personne qui découvrit toutes sortes d'activités artistiques telles que, point de croix, peintures acryliques, pâte à sel, peintures sur porcelaine et tant d'autres complétant ainsi un emploi du temps déjà bien chargé.
Mais un jour comme un autre, entre ordre et méthodes, son complément d'emploi du temps devait changer encore une fois. En effet, elle ne parvenait pas à étancher sa soif d'imaginaire incessante ; son trop-plein de curiosité artistique allait en grandissant et ceci, malgré la pratique hebdomadaire de nombreux arts créatifs. C'est sur la fin de l'été mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf qu'elle découvrit, au travers de sa quête si laborieuse, un cours de poterie généraliste, ouvert à tous, du simple néophyte au plus perfectionné. La rencontre fusionnelle entre des mains lasses, d'un trop plein d'activités frustrantes, et d'une matière aussi noble que la terre, la marquera à tel point qu'elle s'en souvient encore quotidiennement comme d'un commencement qui ne s'est pas annoncé et qui refuse de finir...
Son approche de la poterie fut instantanée, le besoin d'apprendre aussi. Les économies, pour réaliser son rêve, commencent le jour ou elle met les mains "dedans" pour la première fois. Au programme de ce périple artistique naissant, l'appréhension des formes classiques et l'apprentissage des gestes traditionnels : mélanges étranges entre rondeur et volupté des courbes nourrissant des envies de créations. C'est une construction dans le temps, un voyage qui s'oriente obligatoirement vers le passé des objets du quotidien pour induire son évolution dans l'avenir vers des formes plus avant-gardistes.
Rigoureuse et perfectionniste, elle délaisse dans un premier temps les apparences trompeuses du design trop contemporain au profit de recherches chromatiques minutieuses de la chimie de base : l'alliance des matières, la fusion des éléments primaires composant savamment les diverses recettes d'émaux qu'elle met patiemment au point. L'habillage avant la forme, la technique avant la liberté de l'art dans sa plus simple expression. C'est au terme de quatre années de dur labeur qu'elle mettra au point sa toute première recette d'émail personnelle. L'autodiscipline, comme un aboutissement logique d'une création sans faille à la fois féminine et robuste dans le temps, devient une marque de fabrique autant qu'un but à atteindre en permanence.
Son implantation définitive en pays d'Iroise se fit courant du mois d'octobre de l'année deux mille, le lieu était trouvé, l'inspiration en cours et la création lancée. Les longues heures de mélanges, de recherches, de pesées, l'espoir incertain d'une concrétisation colorée et vibrante au sein d'un four ne demandant qu'à engendrer la nouveauté. Née des rêves et de l'innocence, la créativité engendre l'évocation de la vocation tout en supplantant l'aspect rude et décourageant de la tâche à accomplir. La mise à l'épreuve permanente à tous les stades de fabrication jusqu'à l'ouverture du four nécessite une résistance physique et mentale à toute épreuve, car l'ambition de l'Artisan d'Art est de sublimer les techniques d'antan et de transmettre son savoir aux suivants...
À ce jour, Catherine Jaccoud est fière de compter six années d'exploitation réussie en tant que céramiste, et d'annoncer la continuité de sa quête esthétique et chimique autour du grès mais pas seulement. Ses nouvelles recherches l'emmènent d'ores et déjà vers d'autres pistes de travail qui ont commencé dans le courant de l'année deux mille onze pour attaquer la nouvelle année comme il se doit.
Céramiquement Vôtre
Catherine Jaccoud,
ou la révélation par la Terre